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Maroc : Rentrer Chez Soi
10-30-09 19:12
Les travailleurs expatriés marocains, connus sous le nom de Marocains résidant à l'étranger (MRE) font partie intégrante de l'économie du royaume. En effet, chaque année, ceux-ci envoient vers leur pays des milliards de dollars, en investissant dans l'imm
Toutefois, cette année, pour la première fois en dix ans, le flux de trésorerie devrait chuter. Confronté au ralentissement économique des pays de l'Europe et du Golfe, le gouvernement marocain revoit à la baisse ses attentes en matière d'envois de fonds et réduit les frais liés aux transferts d'argent.
Les envois de fonds sont devenus l'une des plus importantes sources de devises étrangères au Maroc et contribuent à 9.6% du PIB. Après avoir atteint des sommets en 2007 (55 milliards de dinars ou 4.9 milliards d'euros), les rentrées ont chuté. Selon les statistiques du ministère de l'Economie et des Finances, soutenu par une forte croissance de 32.5% enregistrée au cours des six premiers mois de l'année, le ralentissement ne fut que léger en 2008 - de l'ordre de 2.4% et les envois de fonds atteignaient les 54 milliards de dirhams (4.9 milliards d'euros). Cependant, les chiffres préliminaires prévus pour 2009 brossent un tableau plus sombre. En effet, au cours du premier trimestre, les envois de fonds ont chuté de 15.5% et le ministre des Finances, Salaheddine Mezouar, lors d'un discours devant la Chambre des conseillers (la chambre haute du parlement marocain), a souligné que compte tenu du climat économique actuel, il s'attendait à ce que les rentrées de fonds atteignent, cette année, seulement la barre des 45 millions de dinars (4 milliards d'euros), soit une baisse de près de 15% par rapport à 2008.
Pour M. Mezouar, cette chute est liée au resserrement de la zone euro - destination de la plupart des travailleurs marocains. Etant donné que la France et l'Espagne sont toutes deux entrées en récession et que des secteurs comme la construction, qui emploient de nombreux MRE, s'épuisent, la demande en travailleurs étrangers baisse et moins d'argent est à gagner. Toutefois, 45 millions de dirhams (4 milliards d'euros) constituent une somme conséquente et le gouvernement prend des mesures afin de faciliter les transferts de fonds. Par exemple, en août dernier, avant même que le ralentissement économique ne se confirme, le Maroc a signé un accord visant à effectuer des transferts monétaires électroniques grâce à une technologie élaborée par l'Union postale universelle, l'agence spécialisée des Nations Unies en charge des services postaux. L'Egypte, la Jordanie, le Qatar, la Syrie, la Tunisie, l'UEA et le Yémen utilisent cette technologie qui tend à faciliter l'accès aux services de transferts officiels pour les populations rurales. En mai, Mohammed Ameur, le ministre délégué chargé de la communauté marocaine résidant à l'étranger, a annoncé que les banques marocaines proposeraient gratuitement des services de transferts d'argent aux MRE jusqu'à la fin de l'année 2009. De plus, les banques appliqueront le taux de change le plus bas et rééchelonneront les crédits des personnes affectées par la crise. Ces mesures sont profitables à toutes les parties : les MRE et le gouvernement tirent de plus grands profits des fonds envoyés et les banques voient des expatriés ouvrir des comptes au sein de leurs réseaux qui prennent rapidement de l'ampleur aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du royaume.
La souplesse dont font preuve le gouvernement et les banques est témoin de la dépendance du pays aux envois de fonds, aux niveaux micro et macro. Les envois de fonds soutiennent les familles, en complémentant les salaires perçus localement et en augmentant le pouvoir d'achat. Les investisseurs expatriés font également figure de moteur clé à une plus large échelle : ce sont eux qui effectuent les plus importants investissements étrangers sur le marché boursier de Casablanca. Bien que les investissements étrangers n'aient que légèrement augmenté en 2008 (ils représentaient respectivement 25.7% et 27.5% de l'ensemble des investissements étrangers en 2007 et en 2008), la participation des MRE s'est, quant à elle, fortement accrue. Selon les statistiques du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM), les Marocains expatriés représentaient 71.5% des investisseurs, contre 58.1% en 2007. Les investisseurs français, qui se situent au
Les envois de fonds sont devenus l'une des plus importantes sources de devises étrangères au Maroc et contribuent à 9.6% du PIB. Après avoir atteint des sommets en 2007 (55 milliards de dinars ou 4.9 milliards d'euros), les rentrées ont chuté. Selon les statistiques du ministère de l'Economie et des Finances, soutenu par une forte croissance de 32.5% enregistrée au cours des six premiers mois de l'année, le ralentissement ne fut que léger en 2008 - de l'ordre de 2.4% et les envois de fonds atteignaient les 54 milliards de dirhams (4.9 milliards d'euros). Cependant, les chiffres préliminaires prévus pour 2009 brossent un tableau plus sombre. En effet, au cours du premier trimestre, les envois de fonds ont chuté de 15.5% et le ministre des Finances, Salaheddine Mezouar, lors d'un discours devant la Chambre des conseillers (la chambre haute du parlement marocain), a souligné que compte tenu du climat économique actuel, il s'attendait à ce que les rentrées de fonds atteignent, cette année, seulement la barre des 45 millions de dinars (4 milliards d'euros), soit une baisse de près de 15% par rapport à 2008.
Pour M. Mezouar, cette chute est liée au resserrement de la zone euro - destination de la plupart des travailleurs marocains. Etant donné que la France et l'Espagne sont toutes deux entrées en récession et que des secteurs comme la construction, qui emploient de nombreux MRE, s'épuisent, la demande en travailleurs étrangers baisse et moins d'argent est à gagner. Toutefois, 45 millions de dirhams (4 milliards d'euros) constituent une somme conséquente et le gouvernement prend des mesures afin de faciliter les transferts de fonds. Par exemple, en août dernier, avant même que le ralentissement économique ne se confirme, le Maroc a signé un accord visant à effectuer des transferts monétaires électroniques grâce à une technologie élaborée par l'Union postale universelle, l'agence spécialisée des Nations Unies en charge des services postaux. L'Egypte, la Jordanie, le Qatar, la Syrie, la Tunisie, l'UEA et le Yémen utilisent cette technologie qui tend à faciliter l'accès aux services de transferts officiels pour les populations rurales. En mai, Mohammed Ameur, le ministre délégué chargé de la communauté marocaine résidant à l'étranger, a annoncé que les banques marocaines proposeraient gratuitement des services de transferts d'argent aux MRE jusqu'à la fin de l'année 2009. De plus, les banques appliqueront le taux de change le plus bas et rééchelonneront les crédits des personnes affectées par la crise. Ces mesures sont profitables à toutes les parties : les MRE et le gouvernement tirent de plus grands profits des fonds envoyés et les banques voient des expatriés ouvrir des comptes au sein de leurs réseaux qui prennent rapidement de l'ampleur aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du royaume.
La souplesse dont font preuve le gouvernement et les banques est témoin de la dépendance du pays aux envois de fonds, aux niveaux micro et macro. Les envois de fonds soutiennent les familles, en complémentant les salaires perçus localement et en augmentant le pouvoir d'achat. Les investisseurs expatriés font également figure de moteur clé à une plus large échelle : ce sont eux qui effectuent les plus importants investissements étrangers sur le marché boursier de Casablanca. Bien que les investissements étrangers n'aient que légèrement augmenté en 2008 (ils représentaient respectivement 25.7% et 27.5% de l'ensemble des investissements étrangers en 2007 et en 2008), la participation des MRE s'est, quant à elle, fortement accrue. Selon les statistiques du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM), les Marocains expatriés représentaient 71.5% des investisseurs, contre 58.1% en 2007. Les investisseurs français, qui se situent au
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