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Le plus petit marché de l’indice Emerging Markets
12-15-09 12:15
Le plus petit marché de l’indice Emerging Markets: le Maroc
La plupart des investisseurs issus des marchés émergents n’accordent pas beaucoup d’intérêt aux opportunités d’investissement au Maroc.
Ce pays est le plus petit marché de l’indice MSCI en termes de capitalisation, représentant 0.3% de l’indice EM (Emerging Markets, c.a.d Marchés émergents). De plus, la situation géographique du Maroc implique son intégration à la zone MENA, alors qu’il est finalement assez éloigné de ses voisins du MENA tels que l’Egypte ou les Emirats Arabes Unis et pratiquement laissé pour compte par les analystes de ladite zone.

Toutefois le Maroc a réellement été l’endroit où il fallait être pendant la période baissière de 2007-2008
En effet, tous ceux qui ne possédaient pas de titres «Maroc» lors de l’effondrement du marché des actions en 2007 et 2008, ont manqué quelque chose. Pendant que l’indice MSCI EM baissait de 66% en un an, le MSCI Morocco chutait seulement de 18,9% sur la même période. Pour indication, Israël a chuté de 30% et la Russie de 80%. Le Maroc s’est alors caractérisé par un investissement sûr, à l’abri des fluctuations du marché international. Dans le rapport qui suit, sont donc étudiés certains facteurs fondamentaux relatifs au marché financier marocain ainsi que les principaux agrégats et les perspectives d’évolution.

1) Les fondamentaux

a. L’économie marocaine est bien diversifiée

Le PIB du Maroc a atteint en 2008, 89 milliards de dollars, ce qui constitue la plus petite économie de l’indice MSCI EM, même si ce pays compte une population de 33 millions d’âmes et donc se rapproche par sa taille de la Pologne et représente deux fois celle du Chili.
L’économie marocaine est bien diversifiée, s’articulant autour de secteurs tels que l’exploitation minière (notamment les phosphates dont le Maroc possède les plus grandes réserves mondiales), l’industrie (les textiles en particulier même si le secteur est en décroissance), le BTP et la construction, l’agriculture, le tourisme et les services financiers.
Deux éléments principaux distinguent le Maroc des ses pairs. Le premier est l’importance de l’agriculture, (surtout la céréaliculture) qui, bien que ne représentant que 15% du PIB, emploi 40% de la force de travail. Pour cette raison, et étant donné le climat du Maroc, les précipitations ont un impact particulièrement important sur la consommation et la croissance économique globale. En effet, les fortes pluies de 2008-2009 ont produit un effet de stimulation de l'économie qui a presque compensé l'impact de la récession qui a sévi partout ailleurs dans le monde.

b. Le rôle de l’agriculture et des transferts de fonds des résidents à l’étranger est prépondérant

Le deuxième facteur qui distingue le Maroc est le flux important des envois de fonds des travailleurs expatriés. Près de 10% des Marocains travaillent à l'étranger, (principalement en Europe) et l'argent qu’ils envoient chez eux équivaut à près de 8% du PIB, ce qui aide à compenser le déficit de la balance commerciale du pays.

Les récentes performances de l’économie marocaine se traduisent comme suit :

Étant donné le ralentissement subi par les pays européens, la résilience économique du Maroc a été spectaculaire, avec une croissance du PIB qui devrait être cette année aux alentours de 5%, enregistrant une baisse relativement modeste par rapport aux 6,2% de taux de croissance atteints en 2008.
Bien que les fortes performances agricoles aient joué un grand rôle à cet égard, le PIB non agricole, en grande partie tributaire de la demande domestique, a bien résisté. Certains secteurs d'exportation ont été durement touchés par la récession, avec les ventes de phosphates en forte baisse en raison de l'effondrement des prix de ce minerai, mais là encore, les perspectives se sont à nouveau améliorées alors que les prix ont rebondi dès le deuxième semestre de cette année.
Le tourisme s’est maintenu à un niveau meilleur que prévu, avec un total d'arrivées au-dessus des attentes, (les huit millions de touristes annuels sont en vue), mais les dépenses moyennes par touriste ont relativement diminué.
Les transferts en provenance des MRE sont en baisse de 11% par rapport à l'année dernière, et cette tendance pourrait se poursuivre l’année prochaine